La Salomon XA Pro 3D V9 n’essaie pas d’être légère ni rapide. C’est une chaussure de protection : châssis 3D rigide, tige épaisse, contrefort ferme. Elle est faite pour les sentiers rocheux, les longues marches et les randonnées à allure libre. Deux compromis assumés : elle pèse lourd — plus lourd que ce que Salomon annonce — et son amorti est franchement ferme.
Caractéristiques mesurées
Chiffres relevés en laboratoire par RunRepeat sur une paire du commerce, comparés à ce que Salomon annonce.
| Mesure | Mesuré en labo | Annoncé par Salomon |
| Poids (taille 42,5) | 346 g | 323 g |
| Drop (différence talon / avant-pied) | 12,5 mm | 11,0 mm |
| Hauteur de semelle au talon | 31,7 mm | 28,0 mm |
| Hauteur de semelle à l’avant | 19,2 mm | 17,0 mm |
| Profondeur des crampons | 2,8 mm | — |
| Épaisseur de la semelle de propreté | 4,9 mm | — |
| Fermeté de la mousse (duromètre) | 31,0 HA | — |
| Dureté de la gomme extérieure | 83,1 HC | — |
Ce que révèlent les mesures
L’écart de poids est le plus gros du lot : 346 g pesés contre 323 g annoncés, soit 23 g de plus par pied. Sur une sortie de trois heures, ça compte. Aucune fiche marchande ne mentionne cet écart.
La mousse affiche 31 HA au duromètre, un chiffre nettement au-dessus de la moyenne des chaussures de trail (21,4 HA). Traduction : sous le pied, c’est dur. C’est cohérent avec l’usage visé — sur de la caillasse, une mousse ferme protège mieux qu’une mousse molle qui s’écrase — mais il ne faut pas s’attendre à du confort douillet.
Les crampons ne font que 2,8 mm. C’est peu pour une chaussure perçue comme « tout-terrain ». Elle tient très bien sur rocher et sentier compact ; dans la boue franche, elle patine.
Bonne nouvelle en revanche sur la durabilité : le laboratoire note l’avant de la tige « très bonne » à l’abrasion et la gomme extérieure « bonne ». C’est une chaussure qui dure.
Sur le terrain
Protection : c’est son argument numéro un. Le châssis 3D encadre le pied, la tige résiste aux frottements contre les rochers, et les impacts sont bien filtrés.
Stabilité : torsion ferme, contrefort de talon rigide, base large. Elle convient particulièrement aux coureurs dont le pied s’affaisse vers l’intérieur (pronation) ou aux pieds plats qui cherchent du maintien.
Respirabilité : classée « moyenne ». Sans être une passoire, elle reste utilisable au printemps et à l’automne. La tige demande quelques sorties avant de s’assouplir.
Confort : rembourrage généreux, aucune gêne au laçage grâce au système Quicklace.
Dans quels cas passer ton chemin
- Tu cours sur terrain vraiment technique ou boueux. Avec 2,8 mm de crampons et un châssis rigide, elle manque de mordant et d’agilité. La Salomon Speedcross 6 (5,8 mm de crampons) ou une Saucony Peregrine sont taillées pour ça.
- Tu vises la longue distance ou l’ultra. Trop lourde et trop ferme pour enchaîner les heures. La Salomon Ultra Glide 4 ou une HOKA Speedgoat offrent bien plus d’amorti.
- Tu cherches de la vitesse. 346 g par pied, ce n’est pas une chaussure de séance rapide, et elle ne prétend pas l’être.
Taille et largeur
Taille juste : prends ta pointure habituelle. En revanche, méfie-toi de sa silhouette massive, qui laisse croire à un chaussant généreux. Le pied à coulisse dit l’inverse : 110,3 mm à l’endroit le plus large de l’avant-pied contre 113,9 mm de moyenne, et surtout 83,2 mm au niveau des orteils contre 90,5 mm. C’est une chaussure qui serre à l’avant. Si tu as le pied fort, prends directement la déclinaison Wide.
Quelle version choisir ?
| Version | Pour qui | Prix | Lien |
| XA Pro 3D V9 | Le modèle testé ici, coupe homme | à partir de 150 € | Voir → |
| XA Pro 3D V9 W | Coupe femme | à partir de 150 € | Voir → |
| XA Pro 3D V9 Wide | Pieds forts, avant-pied élargi | à partir de 150 € | Voir → |
| XA Pro 3D V9 GTX | Membrane Gore-Tex, pieds au sec sous la pluie | à partir de 170 € | Voir → |
| XA Pro 3D V9 Wide GTX | Pieds forts et imperméable | à partir de 170 € | Voir → |
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